L’acceptation : accueillir ce qui est pour retrouver le mouvement

L’acceptation n’est pas une résignation.

C’est reconnaître ce qui est là, aujourd’hui, même lorsque ce que nous vivons ne correspond pas à ce que nous aurions voulu.

Nous traversons tous des moments où la vie prend une direction que nous n’avions pas choisie. Une relation se termine. Une personne nous déçoit. Un projet auquel nous tenions n’aboutit pas. Une situation professionnelle devient difficile. Notre vie change alors que nous aurions voulu qu’elle reste exactement comme avant.

Et quelque chose en nous répond :

« Non. Je ne veux pas que ce soit comme ça. »

Cette réaction est profondément humaine.

Parce qu’avant de pouvoir accepter une réalité, nous devons parfois commencer par accepter que nous aurions préféré qu’elle soit différente.

Accepter ne veut pas dire être d’accord

C’est probablement l’une des confusions les plus fréquentes autour de l’acceptation.

Accepter une situation ne signifie pas dire qu’elle est juste.

Cela ne signifie pas approuver ce que quelqu’un nous a fait.

Cela ne signifie pas non plus renoncer à changer ce qui peut encore être changé.

Je peux reconnaître qu’une situation existe aujourd’hui tout en décidant qu’elle ne me convient plus.

Je peux accepter qu’une relation soit terminée sans considérer que cette séparation était ce que je souhaitais.

Je peux reconnaître une déception sans prétendre qu’elle ne me fait pas souffrir.

L’acceptation commence simplement lorsque nous cessons progressivement de demander à la réalité présente d’être différente de ce qu’elle est déjà.

À partir de là, quelque chose peut commencer à bouger.

Parce que nous ne dépensons plus toute notre énergie à lutter contre ce qui a déjà eu lieu.

Lorsque notre mental reste accroché à ce qui aurait dû être

Certaines situations continuent longtemps à vivre en nous.

Nous repensons à une conversation.

Nous imaginons ce que nous aurions dû répondre.

Nous reconstruisons mentalement une scène en nous disant que nous aurions dû agir autrement.

Ou nous revenons continuellement à cette question :

« Pourquoi est-ce arrivé ? »

Chercher à comprendre peut être nécessaire.

Mais parfois, nous ne cherchons plus réellement à comprendre.

Nous cherchons inconsciemment une explication qui pourrait changer ce qui s’est passé.

Comme si trouver enfin la bonne réponse pouvait nous permettre de revenir en arrière.

Le problème est que le passé ne change pas.

Et pendant que notre mental continue de discuter avec ce qui aurait dû être, une partie de nous reste attachée à une réalité qui n’existe plus.

L’acceptation ne change pas le passé.

Elle change progressivement notre relation avec lui.

Il existe aussi des choses que nous devons accepter en nous

Nous pensons souvent à l’acceptation face aux événements extérieurs.

Mais certaines de nos plus grandes résistances concernent ce que nous ressentons nous-mêmes.

Nous pouvons nous reprocher d’être tristes.

Nous pouvons nous dire que nous devrions déjà avoir tourné la page.

Nous pouvons avoir peur de notre colère, refuser notre fatigue ou nous juger parce que nous ne réagissons pas comme nous pensions devoir le faire.

Nous ajoutons alors une deuxième difficulté à la première.

Il y a ce que nous vivons.

Et il y a ensuite le jugement que nous portons sur notre manière de le vivre.

Accepter peut commencer par quelque chose de beaucoup plus simple :

« Aujourd’hui, c’est ce que je ressens. »

Sans chercher immédiatement à supprimer cette émotion.

Sans nous identifier entièrement à elle non plus.

Simplement reconnaître sa présence.

Parce qu’une émotion que nous reconnaissons peut évoluer.

Une émotion contre laquelle nous luttons continuellement peut occuper beaucoup plus de place.

Accepter demande parfois du temps

Il y a une phrase que je trouve importante lorsque nous parlons d’acceptation :

nous ne pouvons pas toujours décider d’accepter sur commande.

Certaines expériences sont trop récentes.

Certaines blessures sont encore trop présentes.

Certaines situations ont bouleversé profondément notre vie.

Dire à quelqu’un « il faut accepter » peut alors devenir une nouvelle violence.

Comme si, en plus de ce qu’il traverse, il devait maintenant réussir rapidement à être en paix avec cette situation.

L’acceptation possède son propre rythme.

Elle peut commencer très modestement.

Aujourd’hui, je ne suis peut-être pas capable d’accepter tout ce qui s’est passé.

Mais je peux reconnaître que cela s’est passé.

Je peux reconnaître ce que cela provoque encore en moi.

Et peut-être qu’un jour je pourrai regarder cette expérience sans qu’elle possède la même force sur moi.

Ce mouvement est déjà important.

Ce que la résistance peut créer en nous

Lorsque nous refusons intérieurement une situation pendant longtemps, nous pouvons avoir l’impression de rester constamment en tension avec elle.

Le mental revient dessus.

Le corps peut lui aussi participer à cette tension : nous nous crispions, notre respiration change, certaines pensées suffisent parfois à réveiller immédiatement une réaction intérieure.

Dans ma manière d’aborder l’énergétique, j’observe cette résistance comme quelque chose qui peut également mobiliser beaucoup d’énergie.

Une partie de nous veut avancer.

Une autre reste accrochée à ce qui aurait dû être.

Nous pouvons alors avoir cette sensation étrange d’avancer dans notre vie tout en restant intérieurement attachés à quelque chose.

L’acceptation crée progressivement un autre espace.

Non pas parce que nous effaçons l’expérience.

Mais parce que nous arrêtons peu à peu de nous battre contre son existence.

Accepter pour pouvoir choisir

Il existe un paradoxe dans l’acceptation.

Nous pouvons avoir l’impression qu’accepter signifie ne plus agir.

C’est souvent l’inverse.

Tant que toute notre énergie est occupée à refuser ce qui existe, nous pouvons avoir beaucoup de mal à voir ce que nous pouvons réellement faire maintenant.

Lorsque nous reconnaissons la situation telle qu’elle est, une nouvelle question devient possible :

« Maintenant que c’est ainsi, qu’est-ce que je choisis de faire pour moi ? »

C’est là que l’acceptation retrouve tout son mouvement.

Je ne peux peut-être pas changer ce qui s’est passé.

Mais je peux choisir ce que j’en fais aujourd’hui.

Je peux poser une limite.

Je peux quitter une situation qui ne me convient plus.

Je peux pardonner ou décider que je ne suis pas encore prêt à le faire.

Je peux demander de l’aide.

Je peux simplement m’accorder du temps.

L’acceptation ne nous enlève donc pas notre pouvoir.

Elle peut au contraire nous aider à le ramener là où il peut réellement agir : dans le présent.

Accueillir ce qui est

Dans un travail énergétique, cette notion d’accueil possède pour moi une place importante.

Nous n’avons pas toujours besoin de forcer quelque chose à disparaître.

Nous pouvons parfois commencer par regarder ce qui est là.

Une émotion.

Une tension.

Une peur.

Une situation que nous n’avons jamais réellement acceptée.

Et lorsque nous arrêtons de nous juger pour ce que nous ressentons, quelque chose peut progressivement se relâcher.

C’est aussi là que l’acceptation rejoint cette notion de retour vers soi.

Elle nous invite à ne plus nous battre continuellement contre notre propre histoire.

Elle ne nous demande pas de tout aimer.

Elle ne nous demande pas de tout excuser.

Elle ne nous demande même pas de tout comprendre.

Elle nous demande simplement, lorsque nous sommes prêts, de reconnaître :

« C’est arrivé. C’est là. Voilà ce que cela fait vivre en moi aujourd’hui. »

Et à partir de cette réalité, nous pouvons recommencer à avancer.

Laisser la vie reprendre son mouvement

Accepter, ce n’est donc pas rester immobile.

C’est parfois exactement ce qui permet de se remettre en mouvement.

Nous cessons progressivement de consacrer notre énergie à refaire mentalement le passé ou à lutter contre une réalité déjà présente.

Un espace se crée.

Et dans cet espace peuvent apparaître une compréhension différente, une décision, un apaisement ou simplement la possibilité de regarder demain autrement.

Peut-être que l’acceptation commence véritablement lorsque nous cessons de nous demander :

« Pourquoi la vie n’a-t-elle pas fait ce que je voulais ? »

et que nous pouvons doucement commencer à nous demander :

« Maintenant que je suis ici, comment ai-je envie d’avancer ? »

Nous ne choisissons pas tout ce qui nous arrive.

Mais nous pouvons progressivement retrouver notre manière d’y répondre.

Et c’est peut-être là que l’acceptation cesse d’être une résignation pour devenir une véritable ouverture.

Une ouverture vers soi.

Une ouverture vers ce qui vient.

Et surtout, une manière de laisser la vie reprendre son mouvement.

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